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Raymond Leblanc : Le « Tintin » ardennaisUn ouvrage, une exposition, une fresque… Un bouquet de manifestations à l'occasion du 60e anniversaire des éditions du Lombard créées par Raymond Leblanc, originaire de Tronquoy. Un enfant du pays qui a eu l'idée géniale de publier le Journal Tintin.
Un jour de mai dernier, Christian Kellen et Cécile Kerger, en Tintin reporter, ont rencontré Raymond Leblanc dans sa villa de Tervuren. Une rencontre aussi chaleureuse et conviviale que ce personnage hors normes. L’occasion d’un entretien de plus de trois heures durant lequel le fringant nonagénaire a évoqué principalement ses années d’enfance et d’adolescence. Au fil d’une cinquantaine de pages richement illustrées, on découvre les multiples facettes d’un Ardennais qui correspond trait pour trait au caractère prêté habituellement à nos « compatriotes ». Il fallait de l’audace, du culot, du courage et une bonne dose d’obstination pour imposer sa conception d’un journal destiné aux jeunes au sortir de la Seconde Guerre mondiale. « Les enfants ont faim » précisait Raymond Leblanc. Faim d’imaginaires, d’aventures, d’évasions. Raymond Leblanc s’est battu pour qu’Hergé puisse obtenir un certificat de civisme après ses « années noires », document indispensable pour faire partie de la Presse. Il est parvenu à dénicher le papier nécessaire à l’impression des 40000 exemplaires en français et des 20000 exemplaires en flamand de la première édition du Journal Tintin. Il a véritablement inventé le marketing moderne en inondant Bruxelles de publicités, en contactant la majorité des écoles catholiques pour leurs proposer des abonnements à des prix imbattables. Il a eu l’idée d’installer l’effigie géante et maintenant familière de Tintin et Milou sur le toit de l’immeuble du Lombard près de la gare du Midi. Il a toujours retravaillé la formule du journal en devançant les attentes de ses lecteurs. Une enfance ardennaise Les pages les plus émouvantes de Tintin ardennais évoquent l’enfance et l’adolescence de Raymond Leblanc. Ses jeunes années dans la maison natale de Tronquoy, sa passion pour les chevaux, ses études à l’Institut Saint-Michel dont il vante l’excellence de ses professeurs (Louis Père, l’abbé Stefen…) et son installation à Bruxelles à 17 ans comme candidat officier des douanes. Un déracinement synonyme de déchirement pour cet amoureux des grands espaces. En 1935, Raymond Leblanc ne pouvait choisir que les Chasseurs ardennais comme cadre de son service militaire. Sa devise personnelle reste toujours « Résiste et mords ». Il sera mobilisé en 1939 dans une unité de cavalerie… sans chevaux, l’armée belge étant équipée de side-cars. Après la campagne des 18 jours, il s’enrôlera dans la Résistance où sa connaissance des langues étrangères et de l’allemand en particulier lui sera vitale. Il mettra notamment sur pied des journaux clandestins. L’espace nous manque pour évoquer ici l’ensemble des évènements qui animèrent cette vie plus que bien remplie. Nous vous renvoyons à l’ouvrage précité mais également à la biographie Raymond Leblanc, le magicien de nos enfances, signée par Jacques Pessis et parue récemment aux éditions de Fallois. Où l’auteur s’attarde plus longuement sur les années Tintin. L’ouvrage de Christian Kellen et Cécile Kerger laisse place également au témoignage de Gilbert Leblanc qui, en quelques pages, évoque la vie et le caractère de son frère Raymond. Le tout est enrichi par deux courtes biographies de Raymond Leblanc et d’Hergé qui illustrent leurs destins liés. L’ouvrage s’ouvre par une préface signée Luc Pierrard qui établit un parallélisme aussi audacieux qu’humoristique entre les grandes figures chestrolaises que sont Raymond Leblanc, Albert Claude, Monseigneur Massaux et Jules Metz et se termine par une généalogie de la famille Leblanc précédée d’un document aussi original que précieux : « Dés pipés , journal d’un chasseur ardennais ». Raymond Leblanc y décrit sa « Campagne des 18 jours » alors qu’il était jeune lieutenant des Chasseurs ardennais, à la tête de son peloton motorisé de 48 hommes. Une suite d’aventures rocambolesques, digne des meilleures bandes dessinées. A la question de savoir quel est son secret de longévité, ce jeune homme de 91 ans répond : « Les gènes, l’hygiène corporelle et le sport… J’ai remplacé l’équitation par la marche et la natation. Je fais en outre du yoga et mes dix pompes chaque matin. Ma mère m’a aussi inculqué l’importance d’une bonne hygiène alimentaire. Mais j’ai surtout la chance d’être né optimiste, je vois toujours les choses en beauté et à commencer par les femmes.» Tintin ou Superman ? P. Dabe
Programme de la journée officielle du dimanche 5 novembre. 10h30: Inauguration de la fresque consacrée à Raymond Leblanc qui sera située sur la façade de la librairie Oxygène. 11h: Moulin Klepper : Ouverture officielle de l’exposition avec discours des instances politiques. Présentation du livre « Le Tintin Ardennais » écrit par Christian Kellen et Cécile Kerger. 11h30: Remise des prix du concours de dessin par Raymond Leblanc. 14h: Séance de dédicaces avec les dessinateurs : - Jean-Claude Servais - Stedo - étienne Willem - Anthony Collard (Les quatre dessinateurs font également partie du jury du concours de dessin). Info : 061 27 86 98 By Olivier Weyrich at 23/10/2006 - 16:42 | Régional | Neufchâteau | Edition 302 | printer friendly version
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