Les plantes exotiques invasives

On observe actuellement un peu partout en Région wallonne, mais aussi en Europe, une colonisation des zones rivulaires (zones en bordure de cours d’eau), des fossés ou des zones de remblais, par des espèces végétales venues de pays parfois lointains. Ce phénomène est préoccupant, car certaines de ces plantes exotiques ont une capacité de propagation telle qu’il devient très difficile de contrôler leur extension ; on parle alors de plantes invasives.

 

Les plantes exotiques invasives
 
Les plantes exotiques invasives
 
Les plantes exotiques invasives
 
 
 

 

Qui sont-elles ?
Si dans le bassin de la Sûre les plantes invasives sont relativement peu présentes, par contre le long de la Semois, on observe en été les berges bordées d’une haute fleur rose (tige de 1 à 2,5 m), la balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera). Ses graines se disséminent très largement et envahissent progressivement les différents milieux où elles s’installent. Les jardiniers amateurs qui ont introduit cette jolie fleur dans leur jardin savent qu’ils doivent contrôler sévèrement la plante, sous peine de la voir étouffer d’autres espèces de leurs ­parterres.

Une autre espèce invasive redoutable, la renouée du Japon (Fallopia japonica) ; elle est presque indestructible ! Seul l’arrachage manuel ou le fauchage régulier peuvent la faire disparaître, alors que des fragments de ses rhizomes peuvent suffire à sa propagation.

La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une autre fleur spectaculaire, introduite comme plante ornementale ou parfois comme plante mellifère car elle est riche en nectar. Cette très grande fleur de la famille des ombellifères peut atteindre 3 à 5 m de hauteur. C’est une plante dangereuse, qui au contact de la peau peut provoquer des ­brûlures semblables à un fort coup de soleil.

Quels problèmes posent-elles ?
Elles sont issues, comme leur nom l’indique, de pays lointains d’où elles ont été importées. Il s’agit souvent d’espèces décoratives, d’où leur dissémination dans les jardin. Elles ont rencontré chez nous des conditions de développement tellement favorables, que leur extension devient incontrôlable, ce qui pose de gros ­problèmes.
Le développement de ces espèces entraîne une banalisation significative de la faune et de la flore des milieux, au détriment des espèces locales. Ce phénomène a aussi des répercussions sur la faune ; chez la loutre par exemple, il ­engendre une réduction importante de ses caches naturelles hivernales. En effet, ces espèces invasives sont essentiellement herbacées et disparaissent en période de repos de végétation (en hiver),
à la différence des massifs de ronce notamment, où la loutre se repose volontiers la journée.

Que faire pour contrôler leur expansion ?
Parmi les trois espèces citées, la renouée du Japon est la plus redoutable car difficile à détruire. À l’heure actuelle, celle-ci a été identifiée en quelques endroits limités du bassin de la Sûre. Au plus tôt les interventions seront réalisées, au plus le risque d’invasion sera restreint. Cela signifie que les actions devront être menées là où les plantes invasives sont encore discrètes. Il s’agit de mener trois types d’actions :
- l’observation et la surveillance de leur apparition ;
- l’intervention rapide en cas d’identification ;
- la sensibilisation et l’information du public pour éviter la propagation involontaire de ces « jolies » fleurs !


Extrait du Journal du Parc de la Haute-Sûre - Mars 2006