Reportage
À la commune de Neufchâteau, un nouveau service de consultation des archives est accessible pour tout un chacun. Mary Stumpf, une Chestrolaise passionnée d’histoire et de généalogie, s’occupe bénévolement de ce nouveau « centre du passé ». Depuis dix ans, Mary Stumpf est à la recherche de ses ancêtres. Cette femme au foyer réalise son arbre généalogique, celui-ci remonte à plusieurs siècles. « Je suis à la recherche de mon passé et de celui de mes ancêtres, par conséquent des ancêtres de ma famille proche comme ceux de mon mari. Mais mes recherches ne s’arrêtent pas là. Je fais également les collatéraux, c’est-à-dire les parents et frères et sœurs des anciens, etc. Les dates de naissance de mariage et de décès, le nombre d’enfants des couples, cela représente énormément de travail et de patience » indique Mary. Un jour, après avoir remarqué que les archives à la commune de Neufchâteau étaient consultées sans surveillance et que certains relevés avaient disparu, Mary décide d’agir. Elle demande alors à Yves Evrard (Ndlr. bourgmestre de Neufchâteau) « la possibilité de pouvoir consulter les archives avec la présence d’une personne qui pourrait non seulement aider les personnes novices, mais également surveiller celles qui consultent » explique Mary. Voilà comment est né le nouveau service d’archives de la commune de Neufchâteau. La cité chestrolaise se voyait dès lors dotée d’un service digne de ce nom ! Ce service est ouvert à tous chaque vendredi de 9 h à 15 h au sein de l’administration communale. Il est totalement gratuit, seuls les frais d’envoi sont facturés, ils le sont au prix coûtant. « Il est préférable de téléphoner à la commune pour prendre rendez-vous tellement je croule sous les demandes de recherches » précise Mary.
Depuis quelques jours, un vaste chantier de rénovation de façades vient d’être entrepris. Il concrétise un projet lauréat du concours lancé par la Fondation Roi Baudouin et soutenu par l’Industrie des vernis et peintures (IVP). Tout le monde connaît la tour Griffon, beaucoup moins la rue qui porte son nom. Celle-ci est située juste derrière l’ancien site du château. Elle longe ce qui fut les remparts et ne conduit nulle part, sinon au bout de la ruelle. C’est sans doute l’un des plus vieux quartiers de la ville.
« Les couleurs, pour vivre le quotidien en beauté, c’est si bien quand c’est peint ! » Voilà le slogan qui résume la campagne sociale de rénovation urbaine soutenue par IVP. Plusieurs objectifs sont visés par une action concrète liée à la couleur : améliorer la qualité de la vie dans les quartiers, stimuler la dynamique sociale notamment par la mise au travail de jeunes et de sans-emploi, et enfin développer une plus grande convivialité entre les habitants.
C’est en 2000 que la première opération de ce genre a vu le jour en Belgique. Trois quartiers avaient été sélectionnés : à Courtrai, à Charleroi et à Bruxelles. Une deuxième édition fin 2003 a vu trois autres quartiers lauréats de cet appel à projets : à Gand, à Bruxelles et à Neufchâteau.
Les travaux qui viennent de commencer consistent à repeindre quelque trente-trois murs, façades et pignons. Certains ont déjà a été recimentés préalablement. La surface totale à peindre est estimée à plus de deux mille trois cents mètres carrés. Le cimentage des murs à restaurer et la mise en couleurs sont réalisés par l’EFT (entreprise de formation par le travail) de Neufchâteau. Plusieurs stagiaires vont donc participer à une formation pratique qui devrait durer tout l’été.
Lorsque l’administration communale a pris connaissance de la sélection de ce projet, elle s’est très vite rendu compte qu’elle devait profiter de cette opportunité pour aller bien au-delà des simples travaux de ravalement de façades. La commune a donc réalisé préalablement des travaux de remplacement de la distribution d’eau et de rénovation de la voirie. Le câblage d’éclairage public a été aussi modifié afin de permettre le placement de jolies lanternes.
Enfin, le retard de la mise en peinture des façades causé par tous ces travaux a permis de gagner du temps pour négocier avec la direction de l’Urbanisme afin d’élargir la gamme des coloris et de s’éloigner des traditionnels blancs et gris généralement imposés. Il faudra donc attendre la fin de l’été pour découvrir les nouveaux charmes de la rue de la Tour Griffon, mais rien n’empêche de pousser la promenade jusque-là pour apprécier l’avancement des travaux.
À l’occasion des 100 ans du scoutisme, de grandes festivités ont été organisées dans les rues de Bruxelles, rassemblant plus de 95 000 personnes. De nombreuses délégations sont parties d’un peu partout de notre belle province. La gare de Libramont était d’ailleurs le point de départ de nombreuses unités, dont celle de Neufchâteau. Dès samedi, les scouts ont débarqué en masse dans la capitale. Mais c’est principalement la journée de dimanche qui a vu l’essentiel des activités. Notamment à Woluwe-Saint-Lambert où les scouts s’étaient logiquement donné rendez-vous sur l’avenue... Baden-Powell. Une plaque commémorative y a aussi été inaugurée. Quelques chiffres témoignent à eux seuls de l’importance de l’événement : 42 kilomètres de ruban de signalisation, 850 tentes, 1500 tables, 407 toilettes supplémentaires, 2000 litres de peinture pour les décors, 40 000 plumes pour la fabrication de la colombe de la paix et 4132 balles de... ping-pong.
Le village de Flohimont, aux portes de Libramont, se présente au Challenge européen des villages fleuris. Des efforts sont fournis par les habitants depuis des années. Le jury viendra juger de la beauté des rues et des maisons le 21 juillet prochain. Le village de Flohimont, un hameau discret à deux pas de Libramont, un hameau comme il en existe encore quelques-uns dans notre province. Il a encore su présenter ses traditionnelles maisons ardennaises en son centre. En arrivant de Saint-Pierre, ce sont cent et un tilleuls qui vous étreignent pour vous dire bonjour. Un bel étang vous offre aussi les joies de l’eau calme et paisible. Tout un symbole pour ce village empreint de quiétude. La vieille chapelle sommeille également en attendant l’une ou l’autre prière de passant. La fontaine laisse jaillir un petit filet d’eau pour donner un peu de fraîcheur en cet été précoce. Au fil de la promenade, on peut découvrir encore des bâtisses rafraîchies dont le poids des années n’est qu’un atout architectural. Les nouveaux lotissements ont profité de petits sentiers pour préserver le caractère originel et rural du hameau. Par ailleurs, les habitants se sont rendu compte de la beauté de leur village, mais ont voulu encore aller plus loin. C’est ainsi qu’il y a trois ans, une dizaine de personnes se sont rassemblées pour former un comité, Flohimont, village propre et fleuri avec la ferme intention de créer une dynamique pour embellir encore les différentes rues et ruelles de l’entité. Les 180 habitants ont compris le message et chacun y a été du sien pour rendre les abords de son logement plus convivial en privilégiant la couleur et les fleurs. En 2005, le village reçoit une première reconnaissance avant le prix de la Propreté. Cela a fait tâche d’huile, souligne Sandrine Binet, la chargée de communication du comité. Les rejets ont progressivement diminué. Nous avons aussi un projet de compostage collectif. Le village ne compte par ailleurs pas de maisons abandonnées ou des tas de fumier qui traînent en façade. Le comité a également motivé un privé à revitaliser un étang pour pouvoir le mettre en valeur. Le village a aussi gardé son âme. Les maisons se transmettent de famille en famille et on voit souvent des petits-enfants venir retrouver la bâtisse familiale. Flohimont a montré la voie à suivre et d’autres villages comme Neuvillers ou encore Remagne ont bien compris le message et se mettent également en route. On a encore pu remarquer que les ouvriers communaux se montraient d’autant plus zélés à Flohimont. Cette démarche entre d’ailleurs tout à fait dans le Plan Communal de développement rural qui se met en place depuis une bonne année.
Flohimont a cette fois décidé de relever un nouveau défi en participant au Challenge européen des villages fleuris. Un nouveau beau challenge pour le comité et tous les habitants. Quinze membres du jury sont attendus le 21 juillet prochain. Pour les accueillir au mieux, Flohimont, village propre et fleuri organisera différentes animations avec notamment la découverte du village en calèche tirée par des chevaux de trait ardennais, la présentation de produits locaux ou encore un espace Europe pour recevoir les hôtes au mieux.
L’école du village est également pleinement associée à cette démarche. En effet, outre les différentes animations qui ont déjà eu lieu, les élèves proposeront un potage, fruit de leur potager. Ils présenteront par ailleurs des plantes aromatiques et thérapeutiques. Auront-ils trouvé la potion magique pour décrocher le titre. Première réponse le 21 juillet.
Après le « sauvetage » des poissons et l’assèchement du point d’eau, la première phase des travaux d’aménagement du lac de Neufchâteau est en route. Ce n’est un secret pour personne, la vallée du lac est en cours de changement. Une fois le plan d’eau nettoyé et ses abords réaménagés, Neufchâteau retrouvera probablement tout un lot d’activités nautiques et touristiques aux abords de son lac. Mais qu’en est-il desdits travaux ?
C’est en 1958 que fut créé le lac de Neufchâteau et ce, à des fins purement touristiques. Depuis lors, le plan d’eau n’a jamais été vidé. À l’heure actuelle, près de 50 000 m³ de vase sont à enlever. « On devrait parler d’approfondissement plutôt que de curage », indique Magali Hannard, chef de projet à la division du développement économique d’Idélux (N.D.L.R. Idélux est le maître d’ouvrage des travaux). En effet, une fois tous les travaux terminés, le plan d’eau aura une profondeur minimale de 1,80 m, « le but n’est pas de curer le lac mais d’obtenir une même profondeur partout », précise Magali Hannard. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas d’endroits plus profonds.
Une poignée d’élèves et de professeurs de l’Institut Sant-Michel se sont élancés samedi dernier sur une partie du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un voyage de rhéto résolument différent.
Le Moyen-Âge est parfois présenté comme l’époque d’une religion en mouvement. Les xiie et xiiie siècles sont les siècles d’or de la chrétienté et le dynamisme dont elle fait preuve se reflète, entre autres, dans le mouvement... Les hommes marchent, vont vers un but, autant matériel que spirituel. La religion trace la route des hommes : le pèlerinage est le chemin du ciel et il se matérialise par la route, longue, difficile et dangereuse, qui aboutit au lieu sacré. C’est souvent la passion des reliques qui fait le pèlerin : appliqué d’abord exclusivement à ceux qui vont à Saint-Jacques-de-Compostelle, ce terme les regroupera tous : «paumiers» de Jérusalem (parce qu’ils rapportaient des branches de palmiers de Jéricho), «romieux» de Rome, «jacquets» ou «jacquaires» de Compostelle… La pérégrination est pour beaucoup une forme d’expression religieuse : mais n’est-elle que cela ? Voie toute tracée et incontournable, ou moyen de « s’évader » ? Obligation ou choix individuel ? Obéissance à l’Église ou au contraire manifestation d’une indéniable liberté ? Ces préoccupations ne seront pas au centre du périple de nos rhétoriciens mais elles tisseront une toile de fond historique incontournable.
Marie-Marthe Hauferlin est conservatrice et restauratrice de tableaux et autres œuvres peintes. Un métier rare à découvrir à nos portes. J ournée pluvieuse sur Bernimont. Un sale crachin de 14 février à démoraliser le plus transi des amoureux. Et puis l’opportunité de rencontrer un visage découvert lors d’une émission de télé locale consacrée aux artistes et artisans régionaux. Dès la porte du minuscule atelier de Marie-Marthe franchie, on ne regrette pas d’avoir affronté les intempéries. Un havre de silence, de chaleur et de paix propice à la méditation s’ouvre devant vous. Des tableaux partout. Accrochés aux murs, posés à même le sol ou déposés sur le chevalet de l’artiste. Un substantif plus qu’adapté à l’œuvre et au travail de conservatrice-restauratrice de Marie-Marthe. On reste bouche bée devant une telle maîtrise technique, une telle précision, une telle passion dévorante et communicatrice que les flots d’explications sortis de la bouche de la maîtresse des lieux décrivent à merveille. Des œuvres de toutes provenances et de toutes époques se succèdent. Motifs principalement religieux mais aussi profanes. Portraits de saints et figures religieuses, natures mortes, paysages. Du figuratif maîtrisé à l’extrême. L’art de se fondre dans un tableau pour en traduire la quintessence. Un acte de conservation et de restauration digne d’un acte d’amour. Du savoir-faire… Après avoir suivi des études secondaires en transition option artistique à Bastogne et un enseignement de type court durant trois ans, à Saint-Luc à Liège en orientation « conservation objets d’art », Marie-Marthe a peaufiné sa formation « théorique » en la confrontant avec la pratique d’un atelier spécialisé installé à Ohain. Soyons terre à terre. Derrière ces œuvres se cachent des heures de sueur, de tensions, de recherches documentaires, d’obstination nécessaires à la réalisation du miracle. À l’heure de l’internet, la conservatrice peut effectuer des recherches rapides et efficaces sur une œuvre ou un peintre notamment sur le site de L’IRPA (Institut royal du Patrimoine de Belgique) riche d’une photothèque reprenant un répertoire des œuvres par canton et par église. Sans entrer dans une approche trop technique de cette profession, il est bon de préciser que deux grandes règles de base structurent la complexité de ce travail. En premier lieu, la réversibilité. Chaque intervention doit être réversible par rapport à l’œuvre, ce qui entraîne l’utilisation de matériaux stables et adaptés (vernis, pigments). Les couleurs et les vernis à retoucher peuvent être composés par le restaurateur lui-même, ou bien achetés déjà préparés. L’autre règle incontournable est la compatibilité des matériaux afin d’éviter toutes détériorations. Il est ici nécessaire de distinguer le travail du conservateur de celui du restaurateur. Il existe deux types de conservation. La conservation préventive désigne tout contrôle de l’environnement pour une meilleure sauvegarde de l’ œuvre. L’humidité, la température et la lumière sont les trois facteurs d’influence dans la résistance de l’ œuvre à travers le temps. La conservation curative s’identifie lorsque le conservateur intervient directement sur l’objet d’art. Cette étape, très importante, est nécessaire à la survie du patrimoine. Lorsque l’intervention n’est pas efficace au plus vite, les lacunes s’amplifient alors vers une destruction totale de l’ œuvre. Enfin la restauration désigne, quant à elle, toutes les opérations qui tentent de parfaire la lecture de l’œuvre endommagée en y intégrant au besoin une reconstitution des parties manquantes. Elle influence l’aspect esthétique en vue d’une meilleure lisibilité. Les étapes de la restauration sont nombreuses et trop élaborées pour pouvoir les expliciter dans cet article. Il est à noter que Marie-Marthe travaille uniquement la peinture de chevalet sur des supports aussi divers que la toile, le cuivre, le bois ou le papier marouflé. Le talent de Marie-Marthe a notamment été salué dans le troisième tome du Dictionnaire Piron des artistes plasticiens de Belgique des xix et xxe siècles paru en 2006 où sa maîtrise des techniques de la peinture à l’huile et son habileté à copier les grands maîtres ont été soulignées. Au savoir-être… On sent que, pour Marie-Marthe, la passion de peindre est une philosophie de vie. Elle fait partie intégrante d’une vision artistique quasi mystique de son existence. L’exigence de cette profession requiert un investissement total. À 26 ans, elle réalise le rêve de vivre de sa passion. Et les projets se bousculent à tel point qu’ils ne lui laissent plus le temps de produire ses propres œuvres. Elle travaille actuellement sur la restauration d’un ensemble d’ œuvres (panneaux, autels latéraux…) de l’église de Halanzy ; sur le chemin de croix et le maître-autel de l’église de Heure et sur des commandes pour particuliers (croquis, portraits de familles…). Nul doute que nous reviendrons dans ces colonnes, au gré d’une exposition ou d’une conférence, sur le remarquable travail de cette artiste d’exception dont la discrétion et la disponibilité sont proportionnelles à la richesse de son talent.
Cela fait maintenant six ans que Jean-François Depeauw et Sophie Thomas, sa compagne, se sont lancés dans la fabrication de pains au levain, à partir de farines biologiques de grande qualité. Qualité, traçabilité et solidarité sont les trois maîtres-mots de l'épi doré, dont le pain biologique au levain est le fruit de la conjugaison d'une double attention. La première porte sur la qualité des ingrédients, et la seconde, sur le respect des grands principes de panification naturelle «Nous fabriquons nos produits à partir d'ingrédients 100% biologiques, dans le respect des grands principes de panification naturelle, avance Sophie Thomas. L'épi doré travaille avec une coopérative d'agriculteurs biologiques. Nous soutenons une économie à taille humaine et durable en achetant nos farines à la coopérative Agribio. Ces farines ne contiennent aucun conservateur ni auxiliaire technique, pas même ceux autorisés par le cahier de charges biologiques.» Seule la sélection des meilleures variétés de blé assure les qualités boulangères de la farine que Jean-François et sa compagne travaillent. «Créée par deux agriculteurs, la coopérative Agribio est unique en son genre. Elle achète ses grains à un prix équitable à une dizaine d'agriculteurs de la région, certifiés biologiques. Les variétés de blé semées sont soigneusement sélectionnées sur la base de leurs qualités boulangères, gustatives, nutritionnelles, et de leur rusticité. à partir de là, elle centralise le grain et le fait moudre sur meule de pierre dans un moulin à l'ancienne, au Moulin de Ferrières à Lavoir (Huy). Agribio mêle le respect du savoir-faire du meunier avec des moyens tout à fait modernes. Ce que nous essayons de faire, c'est de concilier le bio et la modernité.» Et en achetant leurs créations boulangères, vous contribuerez à l'apprentissage de jeunes orphelins, réfugiés ou déplacés dans les pays du Sud, aux métiers de la boulangerie, grâce à un partenariat initié entre l'épi doré et une ONG. La boulangerie l'épi d'or développe toute une gamme de produits, donnant la vedette tantôt à l'épeautre, tantôt au froment ou au sésame. Aujourd'hui, des milliers de pains, baguettes et autres viennoiseries sortent chaque semaine des fours de la petite boulangerie. Et les savoureux fourrés, Jean-François et Sophie les écoulent non seulement à partir de leur propre magasin, mais également à travers quelque nonante points de vente répartis aux quatre coins de la Wallonie et de Bruxelles. Avec ce projet initié au Burundi, la réputation de l’épi doré a même dépassé nos frontières.
De l’Australie à la Suisse, au départ de Lahérie Thibaut Poncin, originaire de Lahérie, raconte son périple à travers le monde. C’est via un outil de dialogue en direct sur Internet que Thibaut a répondu à nos questions, depuis la Suisse. Thibaut a 23 ans. Il est diplômé en langues et littératures germaniques. Il nous nous raconte son périple en Australie, en Allemagne, puis Espagne et enfin en Suisse. L’info : Comment t’est venue l’idée de partir pour l’Australie ? Thibaut Poncin : L’Australie a toujours été un rêve pour moi, depuis que je suis tout petit. C’est vers l’âge de 16 ans, lorsque j’ai décidé des études que j’allais poursuivre, que m’est venue l’idée d’un voyage en Australie après ma rhéto. J’ai donc combiner les deux ! L’info : Combiner les deux ? T. P. : Je veux dire, vivre mon rêve et préparer mes études de langues. J’ai fait une seconde rhéto en 1999 en Australie, à Brisbane pour être précis. L’info : Et c’est comme cela que ton envie de voyages a commencé ? T. P. : Oui, on peut dire cela. Car après avoir fait ce long voyage, on a envie d’en faire un autre. Je ne résiste pas à l’envie de découvrir plein de choses en tout cas ! C’est pourquoi, directement j’ai été travailler comme « garçon au pair » à Rosenheim près de Munich. Et tout s’enchaîne avec mes études ! Je fais une année en Erasmus à Bonn… où j’ai rencontré ma copine. Et récemment, je viens de terminer six mois comme assistant d’un professeur de français à Séville, en Espagne. Pour finir, début avril, j’ai rejoins ma copine qui habite en Suisse. L’info : Qu’est-ce qui motive cet itinéraire et cette envie de découverte ? La culture, les populations, le climat, la géographie… ? T. P. : Surtout la culture. Mais aussi l’envie de découvrir la façon de vivre, les paysages, le climat, la nourriture… L’info : Et ce qui vous attire le plus dans tous ces périples ? T. P. : C’est vraiment l’envie de voir comment les gens vivent ailleurs. Ce qu’ils ont de différent par rapport à nous, mais aussi ce qui nous rapproche malgré nos cultures si diversifiées. J’observe que, malgré nos différences, on a toujours des points communs, mine de rien... L’info : Un peu comme une démarche sociologique ? T. P. : Si on veut, mais je n’y vais pas pour faire des études! Plutôt pour découvrir notre humanité dans sa grandeur et ses différences. Pour profiter des rencontres au jour le jour… Mais pour découvrir la diversité des climats et des paysages, surtout dans des pays comme l’Espagne ou l’Australie. L’info : Et ces pays, que vous ont-ils apporté personnellement ? T. P. : Je dirais une certaine tolérance. On apprend à comprendre les différences et à les accepter. Un peu comme une démarche humaniste. Car quand vous êtes à l’étranger, vous n’avez pas trop le choix. Vous devez aller vers les gens, car eux ne viennent pas nécessairement vers vous. Surtout dans des pays comme l’Australie ou l’Allemagne ! Pour moi, il y a déjà une grosse distinction entre l’Australie et les trois autres pays. Ou disons qu’il faut faire une grosse différence entre Europe et Australie. Cette dernière possède une mentalité plus anglo-saxonne. Ensuite, des différences entre les pays européens eux-mêmes. Je crois que les clichés qu’on se construit sur les habitants des différentes nations ont toujours un fond de vérité. L’info : C’est-à-dire ? T. P. : C’est simple : les Espagnols sont cool et relax. Les Allemands froids et très respectueux. Et les Suisses…très ponctuels! L’info : On verse presque dans la caricature ! T. P. : Oui, je sais. Mais les constats sont quelquefois frappants. Par exemple, certains Australiens ne savent pas que la Belgique existe; en Suisse et en Allemagne, les rues sont très propres, à l’inverse de l’Espagne. L’info : Et si tu ne devais retenir qu’un pays ? T. P. : Je ne veux pas en retenir un seul. J’ai aimé tous les pays où j’ai vécu. Il faut juste essayer d’en tirer le meilleur, ne pas se focaliser sur les choses qui nous dérangent. L’Allemagne m’a plu car les habitants se respectent mutuellement et respectent les biens communs. Des Espagnols, je retiens leur tolérance et leur ouverture d’esprit. Les Australiens pour leur optimisme, et pour la Suisse, eh bien je n’y suis pas encore depuis assez longtemps… L’info : On va dire, la Suisse et l’amour ? T. P. : On peut dire cela, en effet… (rire). En tout cas, un autre moment gravé dans ma mémoire, c’est la grande barrière de corail, en Australie. Inoubliable, incroyable ! Je vivais un documentaire en direct. Mais il n’y a rien à faire, un pays qui me procurera toujours un émoi particulier… c’est la Belgique ! L’info : Parce que c’est votre pays ? T. P. : Je pense que quand on voyage beaucoup, on reste malgré tout toujours attaché à sa terre natale. C’est elle qui a forgé notre culture, une partie de notre caractère... Et puis j’ai beaucoup de souvenirs là-bas. C’est d'ailleurs toujours un plaisir de rencontrer un Belge à l'étranger et de partager des sentiments similaires. J’idéalise sans doute un peu. On oublie ce qu’on n’y aimait pas, et on se concentre sur ce qui nous manque… Ce n’est pas nécessairement le village ou la région, mais plutôt la famille ou les amis. C’est difficile à remplacer… alors que les paysages, cela se remplace toujours ! L’info : Tu reviendras vivre un jour en Belgique ? T. P. : Bonne question ! Pourquoi pas… Mais il y a tellement de choses à voir encore et à vivre ailleurs. Qui sait ? Sur cette interrogation, nous avons quitté Thibaut Poncin sur les rives du lac Leman, à Montreux en Suisse, où il est actuellement à la recherche d’un emploi. Alors qui sait, si vous pouvez l’aider. Le monde est petit, dit-on !
Novembre 2005. Petit coup de fil : « Allô, Thierry ? Ici, c’est Jacques ! Je t’appelle pour te signaler que j’ai vu dans les champs qui longent l’autoroute près de Vaux-sur-Sûre, deux cigognes blanches. Je n’avais pas mes jumelles et elles étaient loin, mais vas-y faire un tour : elles sont encore certainement là !» © Rudi Dujardin
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