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Edition 304Centre Ardenne StoryAprès la fête consacrée à Neufchâteau à Raymond Leblanc (fondateur du Journal Tintin et des éditions du Lombard), c’est vers Libramont que se sont tournés tous les regards samedi dernier. La folle passion de «diseur»Contes, poèmes, lettres, extraits de romans… pour Miguel Lamoline, la trentaine, tout est bon à dire. Du classique au contemporain,il va là où la parole le mène.
Pas de textes de prédilection. Il fonctionne aux coups de cœur ou à la «commande». Libre dans sa tête, Miguel Lamoline est néanmoins soucieux de tout : du fond comme de la forme, du respect de l’œuvre, de son auteur, de la force du texte, de sa beauté, de sa sonorité. Il avance comme la mer. Il va et vient. Prend son travail. Le repose. S’en imprègne. Ramasse les mots. Se recentre jusqu’au moment où la parole peut jaillir. Rencontre. L’Info : «Diseur» n’est pas votre métier. Au fait, quel est-il ? M. L. : Je suis instituteur. «Diseur» est une passion que j’exerce sur le côté avec beaucoup d’engouement. «Rien que du bonheur !» L’Info : Justement : diseur ou récitant ? Quel est le terme adéquat ? M. L. : à vrai dire, je n’en sais trop rien. Les deux sont similaires. Diseur présente peut-être un aspect de plus grande ouverture. En outre, il y a une connotation moyenâgeuse qui me plaît beaucoup. L’Info : Quel est votre parcours par rapport à cette passion ? M. L. : Le théâtre m’a toujours plu. L’intériorité vers l’extériorité me convient bien. Pendant mes études d’instituteur à Liège, j’ai commencé à prendre des cours de théâtre à l’académie. J’étais obligé de compléter mon horaire par autre chose. Je me suis dirigé vers les cours de diction, déclamation. Le virus m’a pris. J’ai continué trois ans. De retour à Vaux-Sur-Sûre où j’ai tout de suite exercé mon métier, je me suis renseigné pour reprendre des cours, de déclamation. J’avais désormais ça dans le sang. Cela a duré sept ans. Le cycle complet. J’ai eu de très bons professeurs qui m’ont appris la rigueur, à me fixer des exigences. Ils plaçaient la barre très haut. être apprenti, on ne le reste pas toute sa vie. J’ai commencé à voler de mes propres ailes, en paniquant un peu, je l’avoue. Depuis, je fais également du théâtre au Théâtre de la Marquise à Libramont. Ce travail est complémentaire de celui de récitant. L’Info : Quels sont vos genres de prestations ? M. L. : Tous les genres. Dernièrement, le jour du 11-Novembre, je me suis rendu à Anloy au cimetière militaire, sur demande de M. Evrard de l’Escargon à Redu. C’est l’année de la lettre. Je suis donc allé dire des lettres de soldats français et allemands de la guerre 1914-1918. Nous étions sept lecteurs. Malheureusement, l’évènement n’a pas fait l’objet de publicité. Peu de gens étaient présents. J’ai également participé, toujours sur le thème de la lettre, à un récital: trois chanteurs et moi. Un spectacle à la fois intimiste et très vivant. Quelques bougies, le chant et des textes déclamés. J’ai également participé à la présentation d’un recueil de poésie. La difficulté était d’enchaîner les poèmes. En 2005, j’ai eu le coup de cœur pour un roman de Nicolas Keszei (un jeune auteur belge, journaliste de 34 ans) intitulé Peau de clown. L’histoire très dure de deux adolescents, une fin qui se termine mal. J’ai décidé de monter un one-man-show à partir de ce livre. J’ai pris contact avec l’auteur et l’éditeur. Dès que j’ai eu le feu vert, j’ai démarré. J’ai pu le jouer au Centre Culturel de Bastogne en mars 2006. Je le reproduirai le 27 avril 2007 à Florenville, à Liège un peu plus tard. Il y a eu bien sûr d’autres choses mais de moindre importance. Je débute. Ce qui me plaît, c’est la proximité avec les gens. L’Info : Est-ce que cela vous arrive quand même d’arranger les textes à votre sauce ? M. L. : Oui, c’est quelquefois nécessaire. Sans toutefois, comme je l’ai dit précédemment, intervenir à propos du sens du texte. Pour les lettres de militaires, extraites par ailleurs d’un livre intitulé Lettres de poilus, j’ai par exemple censuré certaines choses trop personnelles. Pour la déclamation de textes dits classiques, il m’est arrivé de supprimer des descriptions trop longues sans pour autant nuire ni à l’esprit ni à la mélodie. L’Info : Peu de monde pour entendre les textes dits. Est-ce que cette forme d’expression proche de la tradition orale n’est pas un peu clandestine ? M. L. : Si. Ce genre d’expression sort du cadre habituel, du moins dans nos régions. Les gens sont frileux, peu réceptifs, au départ, à cette traduction de l’écrit. Ils ont des idées préconçues à ce sujet. Ils pensent que cela est ennuyeux. Je remarque que les peu convaincus deviennent de fervents convaincus. Par le biais de cette passion, les gens font la découverte d’auteurs et de textes méconnus. C’est déjà beaucoup. Ils découvrent aussi l’émotion, la vibration que procure l’oral, ce qui n’est pas toujours le cas de l’écrit. L’Info : Avez-vous le désir de faire partager cette passion ? M. L. : Bien entendu. Par le canal d’une asbl, nous avons créé, avec une amie, une troupe d’enfants et d’ados. Je me retrouve seul. J’y travaille des textes courts, des saynètes avec les uns et une pièce avec les autres. C’est une pièce classique revue par un contemporain. Les mamans de ces enfants et ados m’ont demandé de les faire jouer aussi. Ma passion se propage. L’Info : Miguel Lamoline n’est pas un homme qui fait les choses à moitié… M. L. : Non, je n’aimerais pas ! «Le corbeau», volatile nuisible !Dans le cadre de l’opération «Célébration de la lettre», ce jeudi 30 novembre à 20h, le Ciné-Club Moulin Klepper accueillera le procureur du Roi, Michel Bourlet, pour une séance exceptionnelle sur le thème de la délation.
Régulièrement, un oiseau de malheur se pose sur les colonnes des quotidiens régionaux ou nationaux. Il pollue de ses méfaits les ondes sonores et visuelles de nos médias. Internet lui offre un nid douillet propre à une descendance nombreuse et la presse people l’utilise plus que de raison. Les théories du complot fleurissent dans ses serres et font les choux gras des discussions de bistrots. Ce prédateur aux noirs desseins sera le thème d’une soirée de novembre propice aux ombres cinématographiques et judiciaires. Un programme interpellant et instructif. Un film grandiose Médecin d’un petit village du cœur de la France, le docteur Rémy Germain (Pierre Fresnay) est la victime d’un corbeau, qui l’accuse d’adultère et de pratique illégale de l’avortement. Rapidement, les lettres infâmantes se multiplient et personne dans le village n’est épargné par les ragots qui engendreront alors cabales, drames, et règlements de comptes. Seul contre tous, le docteur Germain va mener son enquête et découvrir – en même temps que le coupable – les bassesses et la mesquinerie dont peuvent être capables ses concitoyens… Tourné en 1944 pour la Continental, compagnie de cinéma française régie par l’occupant allemand, Le Corbeau est le second film d’Henri-Georges Clouzot, qui officiait alors en tant que docteur es scénarios et venait de rencontrer le succès pour ses débuts de réalisateur avec L’Assassin habite au 21 adapté du roman de Stanislas-André Steemann. Formidable triomphe lors de sa sortie, retiré des écrans à la Libération, sujet de toutes les polémiques, son deuxième film est depuis entré dans l’Histoire du cinéma… non sans encombre. étrange destin en effet que celui du Corbeau, film honni de toutes parts, tant par la presse clandestine et résistante (le fameux critique et historien du cinéma George Sadoul allant même jusqu’à comparer le film à Mein Kampf) que par le pouvoir de Vichy, qui attendait de sa filiale cinématographique des films autrement plus glorieux et optimistes que cette sinistre et sordide histoire de chantage. Destin d’autant plus étrange que le film fut finalement accusé des mêmes maux de part et d’autre : une vision dégradante et antifrançaise de la société de l’époque. Le film, que ce soit sous Vichy ou à la Libération, fut donc une cible idéale, ainsi que son créateur qui se vit interdire à vie toute activité cinématographique dès juin 44 (cette peine fut finalement réduite à deux ans). Force est de reconnaître que les portraits brossés par Clouzot et Chavance allaient à l’encontre de tout romantisme et pouvaient faire grincer des dents tant du côté de la Résistance (nous sommes loin du portrait idyllique de la France vue par René Clément dans La Bataille du Rail) que des adeptes de Pétain. Servis par des acteurs exceptionnels (Pierre Fresnay, Ginette Leclerc, Pierre Larquey…), ce film distille une atmosphère lourde de tensions et de malveillances. Il est d’une modernité stupéfiante tant dans sa forme que dans son fond. Certaines scènes, proches de l’expressionnisme, donnent au film une griffe fantastique passionnante – cadrages déstructurés, jeu sur la profondeur de champ, ombres démesurées, jeux de lumière d’une beauté fulgurante : Clouzot s’impose comme un vrai cinéaste, avec un regard et un style que l’on retrouvera dans ses films suivants. Sans parler de son amour des acteurs… Car Le Corbeau, c’est aussi une galerie de personnages hauts en couleur, une ribambelle de comédiens talentueux s’en donnant à cœur joie. Servis par des dialogues brillants, Ginette Leclerc, Pierre Fresnay, Pierre Larquey ou encore Noël Roquevert jouent tous à merveille, condition sine qua non pour que fonctionne le suspense inhérent à toute histoire de corbeau (tout le village peut être coupable, et doit donc être suspecté au fur et à mesure par le public). Plus de 60 ans plus tard, Le Corbeau garde toute sa force, même si l’on pourra peut-être lui reprocher un dénouement légèrement décevant au regard de l’intrigue développée avec maestria tout au long du film. Mais cette infime réserve ne saurait nous éloigner de ce film brillant et sombre à la fois, d’une modernité tout à fait étonnante pour un film de cette époque. Un exposé Avant et après la projection, le procureur du Roi Michel Bourlet nous entretiendra du contexte historique du film, du fait divers dont il s’inspire et des suites juridiques qu’il a connues. Une grande partie des participants (scénariste, acteurs, réalisateur…) ayant vécu les affres des tribunaux spécialement créés après la Libération. Michel Bourlet évoquera également le phénomène de la délation et des lettres anonymes à notre époque en insistant sur les effets de leur médiatisation et se livrera à un jeu de questions-réponses avec le public. L’occasion de découvrir une personnalité sous un angle inhabituel. Un salon dédié au jardin naturelUne première en province de Luxembourg. à l'initiative de Natagora Famenne & Ardenne, la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux et la Ville de Neufchâteau, le Moulin Klepper de Neufchâteau accueille ce week-end des 25 et 26 novembre un salon nature.
Bestiaire d’ArdenneSise à Bastogne, l’ASBL Musée en Piconrue défend le patrimoine des arts religieux et croyances populaires en Ardenne et Luxembourg.2006 est l’occasion d’une splendide exposition et de la publication de son catalogue de grande qualité.
On vous explique tout…Ce samedi 25 novembre prochain, grande journée portes ouvertes à la commune de Libramont avec la participation du C.P.A.S, de l’Office du Tourisme, de la Bibliothèque, du Musée des Celtes et de l’accueil extrascolaire. L’occasion pour le Libramontois, ou pour toute autre personne intéressée, de franchir le seuil de chaque service afin de s’en faire expliciter le fonctionnement. Et cela en toute convivialité. Convivialité et accueil seront d’ailleurs les maîtres-mots de cette journée placée sous le signe de la Certification Iso 9001 : 2000. Une appellation qui n’évoque sans doute pas grand-chose pour la plupart d’entre nous, mais qui a néanmoins toute son importance. En effet, ce certificat, que vient d’obtenir la commune de Libramont, est la garantie de qualité de l’entreprise pour le monde extérieur, la garantie d’une structure et de procédures claires dans tous les domaines. Attentive à ce que le citoyen en perçoive tous les rouages, les édiles ont donc tout naturellement décidé de projeter cette visite pour le moins originale. Pratiquement Dès 9 heures, chacun pourra, au gré de ses envies, déambuler à travers les différents sites concernés. Petite exception pour la maison communale qui sera déjà ouverte, comme chaque samedi, à 8 heures. Le visiteur pourra notamment être reçu au C.P.A.S. dont les actions sont de plus en plus vastes. trois bureaux, nous dit Nancy Jérouville, y seront ouverts. Le premier y décrira le service Samaritel, l’intégration, les permanences juridiques, les repas chauds… ; le second traitera de la médiation de dettes, de la prévention dans les écoles, du service de guidance, des subsides octroyés par la Communauté française et le Fédéral… ; le troisième enfin étayera de manière plus globale toutes les aides particulières apportées par le C.P.A.S. à savoir par exemple, l’octroi pour les enfants et adolescents de chèques sport attribués en fonction du revenu de leurs parents, la distribution d’ampoules économiques, les démarches à suivre pour obtenir des allocations de chauffage, l’accompagnement psychosocial, l’organisation d’activités exceptionnelles pour les enfants dont les parents ont peu de moyens (une journée à Euro-Disney)… Autre étape dans la visite, le service Population - état Civil où Monsieur Bouillon et les personnes qui l’entourent répondront à toutes les questions posées : quelle est la procédure à suivre pour la confection de cartes d’identité, de passeports, de permis de conduire ; comment établir une déclaration de décès, de naissance avec tous les cas de figure que cela présente aujourd’hui ainsi que les multiples autres sollicitations. Les autres sites Il s’agit notamment de L’Office du Tourisme où chacun pourra discuter et s’informer du travail souvent méconnu de Nathalie Jacquemin. En face, ou presque, se tient le Musée des Celtes. L’entrée y sera gratuite compte tenu de l’évènement. L’amateur ou le curieux pourra (re)découvrir de magnifiques harnachements en bronze ; des torques ou colliers en métal rigide ; des récipients au graphisme étonnamment contemporain de par leur modernité et leur pureté; une épée, la seule trouvée dans la région, en l’occurrence à Warmifontaine ; un joug d’attelage ; ainsi que de nombreuses autres pièces qui témoignent de la vie des Celtes. Autre temps, autre lieu : la bibliothèque où Isabelle Glaise et son équipe, accueilleront, dès le matin, les plus gourmands avec du café et des croissants. Une manière agréable de partager le livre. L’exposition à la découverte du petit peuple y sera accessible toute la journée. Il est à noter, que des navettes ont été prévues entre la commune et la bibliothèque ; qu’un jeu-concours basé sur des questions-réponses concernant la commune y sera mené tambour battant sur chaque site avec, à la clé, des cadeaux. Bref, une foule d’activités pour un samedi surprenant. Alors, si d’emblée l’envers du décor vous démange, n’hésitez pas ! Christian Merveille chante à NeufchâteauLe samedi 25 novembre à 15h, Christian Merveille viendra présenter son spectacle Libre comme l’air au Centre du Lac à Neufchâteau. Chanteur, homme de cœur, philosophe et cultivé. Il est d’une simplicité déconcertante. L’info : Vous êtes beaucoup en tournée…êtes-vous déjà venu souvent en province de Luxembourg ? Christian Merveille : Il y a déjà très longtemps que je ne suis plus venu au Luxembourg. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un accueil très chaleureux dans la province. Les gens sont encore préservés contrairement aux grandes villes. Et l’ambiance y est donc d’autant plus heureuse et joyeuse. AgendaLes prochains rendez-vous du Centre Culturel de Neufchâteau. Jeudi 30 Novembre à 20h au Moulin Klepper Thème de la soirée : Le corbeau ou le phénomène des lettres anonymes et de la délation. Programme : - 20h : Présentation du film par Michel Bourlet, procureur du Roi. - 20h15 : Projection du film Le corbeau d’Henri-Georges Clouzot (France, 1944). - 21h45 : Entracte. - 22h : Exposé de Michel Bourlet sur le contexte historique du film et sur le phénomène contemporain des lettres anonymes et de la délation. |
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