Edition 328

Sommaire n°328 - 6 décembre 2007


Vive Saint-Nicolas !
 
 

 
La tournée de Saint-Nicolas
 
 
 Voilà, la tournée de saint Nicolas touche déjà à sa fin. Tout le monde remballe ! Les enfants comblés, les parents ruinés… saint Nicolas, épuisé, remettra ça l’an prochain… c’est sûr !

Agenda

 Idélux

Cette année pour Noël, faites un cadeau à l’environnement : faites vos courses avec des sacs réutilisables....
Dans votre parc à conteneurs, le samedi 8 décembre 2007, un sac sera offert par véhicule dans la limite du stock disponible.
Changeons nos habitudes et évitons les emballages superflus ! Nous avons adopté ce geste et c’est tout bénéfice pour l’environnement.

Noël en fête

À Les Fossés, le dimanche 16 décembre, dès 14 h, ambiance musicale et marché artisanal sur la place du village.Les Boutons d’Or dans l’église du village (14 h 30). Klezmer du Nord (16 h 30).
Cornemuse par Michel Ravanelli
et accordéon par José Cabay.
Entrée gratuite.
Restauration et boissons sur place,
visite du père Noël.

De la Saint-Nicolas

Il est souvent la « tête de Turc ». Normal pour un ancien évêque de Myre (en Asie mineure). C’est en effet lui qu’il faut attendre pour avoir des cadeaux : « Tu demanderas à saint Nicolas… ».Ainsi, en ce jour de fête de celui qui a ressuscité des enfants découpés en morceaux et mis au saloir, puis qui a sauvé de la mort des marins perdus en mer, nous pouvons donc quémander quelques petites choses.Dans ma lettre, j’ai alors demandé, en vrac : un gouvernement (et pas pour la saint-glinglin), de la neige dans les champs mais pas sur la route, des émissions intéressantes à la télévision, une année sans files (surtout à l’école), moins de crottes de chien sur les trottoirs, moins de gaspillage, plus de respect de l’autre et, pour faire bonne mesure, un raton laveur.J’ai aussi réclamé quelques euros supplémentaires pour remplir ma cuve à mazout.

La viorne à l’honneur

Cinquante communes wallonnes ont distribué des plants d’arbre au public à l’occasion
de la Semaine de l’arbre 2007. Cette année, l’arbre mis à l’honneur est la viorne.
 
 
La viorne
 
 
Pour la plupart des communes, les distributions d’arbres ont eu lieu  un samedi matin, comme à l’habitude. Au total, 120 000 arbres, dont 30 000 viornes, ont été offerts. Comme lors des deux éditions précédentes, l’opération « un touriste-un arbre » a été également menée. Elle proposait d’associer les touristes en Région wallonne à la Semaine de l’Arbre. Une action à laquelle participent dix-neuf communes et dix Maisons du tourisme. L’opération consiste à inviter des gens de passage en Wallonie (Flamands ou étrangers) à planter un arbre sur le sol wallon. Les planteurs pouvaient ensuite signer leur arbre de manière personnalisée à l’aide d’une plaquette.

Père Fouettard est-il vraiment tout noir ?

Le père Fouettard accompagne partout saint Nicolas, ou plutôt il le suit comme son ombre. Noir, il est vraiment tout noir le père Fouettard ! Ses bottes, son manteau, son visage, son capuchon qui laisse dépasser de longues cornes, sa queue... Tout est noir ! Il est noir des pieds jusqu’à la tête, le père Fouettard ! Comme saint Nicolas, il parcourt le monde entier le 6 décembre, mais lui, ce n’est pas pour donner des cadeaux et récompenser les enfants sages. Le père Fouettard cherche les enfants désobéissants pour leur donner une grande correction avec un long fouet...

6 décembre : une journée fantastique !

 

Vive Saint-Nicolas !

Je me souviens d’une saison de l’année où l’ombre envahissait tôt les demeures. Si peu qu’on s’attardait à la sortie de l’école, on la trouvait installée chez nous sans façon. Comme une bête sournoise, elle s’écartait des lampes, rôdait au fond du corridor et paralysait le jardin violet. Elle poussait son poitrail gris tout contre le ciel où, pris de panique, les nuages s’enfuyaient. Là-bas pourtant subsistait encore un peu de couleur. Des vapeurs enflammées luttaient avec des commençantes ténèbres et teignaient l’horizon d’un rouge de braise. « Regardez ! disait maman. Saint Nicolas chauffe son four, il va cuire ses couques. Il est temps de chanter pour lui, mes enfants ! » Et d’entonner la célèbre invocation :

« Ô grand saint Nicolas
patron des écoliers,
Apportez-moi des pommes,
des noix dans mes souliers… »

Alors, tout prenait un autre air : les choses de la nuit ne faisaient plus peur. Ce meuble qui craquait, l’âne de saint Nicolas n’y avait-il pas appuyé son sabot un instant ? Cette plainte si désolée, si lointaine, plutôt que la voix du loup, n’était-ce pas celle de Hanscroufe* gémissant de ne pouvoir fouetter personne ? Et cette porte qui s’ouvrait toute seule, en grinçant un peu, béante sur le noir du vestibule, n’allait-elle pas livrer passage à quelque pluie magique : noisettes vernies, bonbons roses, nic-nac étoilés de sucre, qu’il n’y aurait plus qu’à ramasser en criant bien fort : « Merci saint Nicolas ! ».

Le sourire mystérieux de maman donnait à tel petit matin de novembre on ne savait quel air de fête. Tout près de la cuisinière en fonte émaillée où ronflait le feu qu’elle venait d’allumer, nos souliers alignés se garnissaient de maintes gâteries. Avec leurs uniformes de chocolat, les sujets aux figurines camuses fondaient sous les langues gourmandes, et les petits cochons de massepain n’avaient guère le temps de grogner quoi que ce soit. Les cigares fourrés de crème blanche se fumaient plus vite que ceux de papa, tandis que les gros sous enveloppés de papier doré ne garniraient jamais aucune escarcelle. Mais tous ces présents de saint Nicolas nous annonçaient la proximité du 6 décembre, c’est-à-dire la plus belle des fêtes.

Ah ! Ce matin d’hiver entre tous béni ! Qui ne se revoit, la main sur la poignée de la porte, au seuil de ce qu’on appelait encore non pas le « living » mais « la chambre » ? En pyjama, en chemise de nuit, on avait dégringolé l’escalier qui avait compté, semble-t-il, bien plus de marches qu’à l’accoutumée ! Et maintenant, le cœur battant devant la porte close : saint Nicolas avait-il trouvé notre cheminée, ce passage naturel pour visiteurs célestes ? Figurions-nous, à la petite place que ce soit, dans son répertoire d’enfants sages ? Et son âne avait-il apprécié nos carottes, bien apprêtées hier dans le plus beau plat ? Enfin, on ouvrait la porte, et c’était, se révélant à nos yeux émerveillés, le miracle du rouge et de l’or brillant sur les albums, du vert frais, du bleu vif, du rose tendre, de l’orange lumineux éclatant du massepain, du chocolat, des noix, des mandarines, tout ce chatoiement de couleurs éclairant le terne matin de décembre, attestant à lui seul l’irruption du surnaturel au cœur de notre logis…
Fantastique journée du 6 décembre, où le jeu triomphait de toutes les puissances : l’école reléguée dans l’ombre, les grands soumis aux lois des petits. Papa, maman jouaient avec nous au jeu de l’oie, avec nous rencontraient « le méchant jars » ou tombaient dans la mare ; ils distribuaient les figures du loto en images et nous aidaient à y reconnaître tel animal ou telle fleur. Et sur des damiers de légende aux immenses pavés de lumière, la journée progressait sans épuiser jamais son enchantement. Jusqu’au soir, les soldats de plomb livraient de terribles batailles, le crocodile en fer-blanc crachait du feu, et les poupées aux longs cils, aux joues de porcelaine, tout doucement disaient leurs noms.

Ainsi, le vrai saint Nicolas, ce n’est pas la légende des enfants mis au saloir par un méchant boucher et ressuscités par l’évêque de Myre (en Lycie), mais bien que le grand Saint nous ait donné cette journée. Enfant, j’y croyais fort, d’autant qu’un soir de décembre, peu avant sa fête, on frappa à la porte d’une mystérieuse façon. Le personnage qui s’encadra dans l’ouverture portait barbe blanche et bouclée et cheveux floconneux où semblait s’être emprisonnée l’averse de neige. Un drôle de chapeau triangulaire, une robe rouge, une chasuble rehaussée d’or, une canne solennelle et fort recourbée qui semblait l’embarrasser un peu : c’était saint Nicolas lui-même. De ses mains gantées de blanc, il nous souleva à tour de rôle, nous les enfants, jusqu’à ses bonnes joues de grand-père. Puis il repartit, s’effaça dans la nuit. C’était, de fait, mon propre grand-père, je ne devais l’apprendre que bien plus tard…

*Hanscroufe : père Fouettard
Sources : Mon Ardenne : Saisons et Souvenirs, de Luce Luca-Binot , paru aux éditions Jean Petitpas, Bomal  s/O en 1993. À lire bien sûr !

Le bon usage du « Bon Usage »

À l’initiative du Centre culturel et de la bibliothèque de Tintigny, le dynamique Jean-Paul Vasset accueille
le grammairien André Goosse au Centre culturel de Rossignol ce samedi 15 décembre à 20 heures.

 

André Goosse
 
Depuis quelques années, la grammaire française connaît un étonnant regain d’intérêt dans le monde de l’édition. D’Éric Orsenna à Patrick Rambaud, les auteurs se succèdent pour saluer la complexité parfois, la beauté souvent de notre langue. Dans ce domaine, « Le Bon Usage » fait preuve d’une éternelle jeunesse. Tiré initialement à 3000 exemplaires en 1936, l’ouvrage élaboré par le grammairien Maurice Grevisse, originaire de Rulles, se présente comme une grammaire destinée aux élèves de l’enseignement secondaire. L’ouvrage riche d’exemples puisés chez 124 auteurs connaît un succès immédiat auprès d’un large public. Les plus grands grammairiens et écrivains de l’époque, dont André Gide dans les pages du supplément littéraire du Figaro en 1947, vont saluer ce travail minutieux. Maurice Grevisse publiera également une série de manuels reconnus pour l’enseignement secondaire. Il disparaît le 4 juillet 1980 après avoir confié les rênes du Bon Usage à son gendre, André Goosse.
 

Une affaire de famille

 
André Goosse naît à Liège le 16 avril 1926. Les nombreuses lectures qu’offre la bibliothèque paternelle éveillent une passion certaine pour la langue française. Il entame des études de philologie romane en 1945 à l’Université catholique de Louvain où il rencontre Marie-Thérèse Grevisse, fille de l’illustre grammairien. Ils se marieront en 1950. Après une expérience dans l’enseignement secondaire, il devient professeur dans son université en 1967. Déjà membre de plusieurs institutions littéraires, il entre à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique le 9 octobre 1976. Il en devient le secrétaire perpétuel de 1996 à 2001. Il préside encore aujourd’hui le Conseil international de la langue française. Très vite associé à son beau-père, il prend sa succession afin d’assurer la pérennité du Bon Usage. Avec toujours plus de rigueur, André Goosse continue à actualiser ce gigantesque tableau de la langue française. À 81 ans, il achève la réalisation de la 14e édition de l’ouvrage. Cette dernière mouture propose une mise à jour substantielle du contenu, fruit d’un travail de plus de 14 ans. Les innovations principales sont un contenu enrichi et actualisé, reflet de l’évolution constante de la langue française ; une nouvelle structuration de l’ouvrage au travers d’un nouveau format et d’une mise en pages revue pour une meilleure lisibilité ; et une version électronique disponible sur Internet pour les utilisateurs de l’ouvrage imprimé. Le Bon Usage édition 2007, en chiffres c’est 40 700 exemples (25 % de plus que la précédente édition), 2 500 auteurs cités (25 % de plus) dont les classiques : Marcel Proust, André Gide, Gustave Flaubert, Victor Hugo, François Mauriac… et les contemporains : François Weyergans, Bernard-Henri Lévy, Érik Orsenna, Michel Houellebecq, Philippe Claudel, Amélie Nothomb… C’est aussi 10 200 renvois internes (30 % de plus), 5 800 compléments en marge (notes historiques, remarques, …) et 1 600 pages. De quoi satisfaire les plus exigeants.Une des nouveautés les plus intéressantes est l’attention portée aux particularismes régionaux (régions de France, Belgique, Suisse, Québec et Amérique francophone), tant pour la prononciation que pour la syntaxe grâce aux exemples donnés par des spécialistes (Rézeau, Seutin-Clas, Boulanger, Thibault, etc.), relevés dans des œuvres d’auteurs locaux ou parfois notés sur le terrain. Le Bon Usage reste un des fleurons de l’édition belge. Il est étonnant que le monde éditorial français ne l’ait pas encore accaparé. Raison de plus pour le défendre et le redécouvrir en profondeur en rencontrant sa cheville ouvrière, André Goosse. Avec Jean-Marie Pierret, Chestrolais d’origine, et professeur émérite de l’U.C.L.
       
P. Dabe
Réservations souhaitées au 063/41.31.20.
 
Le bon usage
 

 

Les Saglés sont de retour…

 
Herbeumont
 
 Enfin, presque. Julien Gengoux, authentique Saglé, vient de nous transmettre le livre Herbeumont, son Histoire, ses histoires, ses Saglés. « Il est l’œuvre de quelques Herbeumontois qui aiment leur village et sont passionnés par son passé. » écrit le président de l’association Les Retrouvailles herbeumontoises. Cet ouvrage vient de mettre un point final à la publication du périodique Le Saglé, qui a régalé ses lecteurs durant vingt ans. Ce livre est riche et dense. Il compte de très nombreux articles pour un peu plus de trois cents pages. La première partie évoque les origines d’Herbeumont, son village, son château, les invasions, les épidémies, les guerres… La deuxième partie traite davantage du folklore, de la vie paroissiale et communale. Un autre chapitre très intéressant dresse l’inventaire du passé industriel d’Herbeumont. On y évoque largement la vitalité des ardoisières, l’activité forestière et même celle d’une manufacture de tabac.

Jardinage : préparer la saison prochaine

Si décembre est sous la neige, la récolte se protège. Ce sera peut-être sous la neige, dans un silence ouaté, que l’année se termine dans votre jardin. Sous ce manteau blanc se cachent toutes les promesses florales de l’année prochaine.
 
Sous ce manteau blanc
 
 
Pour imaginer le décor du prochain printemps, c’est le moment de consulter les catalogues des pépiniéristes et les guides de jardinage.

Ma vie dans la forêt ardennaise

Philosophe terrien, poète naturel, garde-chasse conteur, Gilbert Colleaux, nous livre ses meilleurs moments vécus dans la forêt ardennaise. Voici la première partie d’une patiente et longue promenade en forêt.

Gilbert Colleaux
 
 Gilbert Colleaux appartient à une dynastie de gardes-chasses. Son grand-père et son père lui ont transmis l’amour et la philosophie de la nature et la passion de protéger la forêt et ses hôtes. « La contemplation de la nature et des expériences parfois dangereuses mènent le garde-chasse à des questions étonnantes et à des réponses qui frôlent la découverte scientifique grâce à la perpétuelle alerte des sens de ce curieux en quête de l’essentiel », écrit Omer Marchal qui publia la première édition du livre Ma vie dans la forêt ardennaise. Celui-ci connaîtra un succès mérité. Gilbert Colleaux s’est mis à l’écriture sur le tard. À 63 ans – alors qu’un problème de santé l’oblige à écourter sa carrière de forestier –, il se retrouve confiné dans sa modeste maison de Scottons (Haut-Fays). Il empoigne sa plume et couche sur papier sa vie dans la forêt d’Ardenne. « J’ai appris beaucoup en solitaire. Toute ma vie, j’ai passé dix ou douze heures par jour dans les bois. »

Flux XML