Herbeumont

La viorne à l’honneur

Cinquante communes wallonnes ont distribué des plants d’arbre au public à l’occasion
de la Semaine de l’arbre 2007. Cette année, l’arbre mis à l’honneur est la viorne.
 
 
La viorne
 
 
Pour la plupart des communes, les distributions d’arbres ont eu lieu  un samedi matin, comme à l’habitude. Au total, 120 000 arbres, dont 30 000 viornes, ont été offerts. Comme lors des deux éditions précédentes, l’opération « un touriste-un arbre » a été également menée. Elle proposait d’associer les touristes en Région wallonne à la Semaine de l’Arbre. Une action à laquelle participent dix-neuf communes et dix Maisons du tourisme. L’opération consiste à inviter des gens de passage en Wallonie (Flamands ou étrangers) à planter un arbre sur le sol wallon. Les planteurs pouvaient ensuite signer leur arbre de manière personnalisée à l’aide d’une plaquette.

Les Saglés sont de retour…

 
Herbeumont
 
 Enfin, presque. Julien Gengoux, authentique Saglé, vient de nous transmettre le livre Herbeumont, son Histoire, ses histoires, ses Saglés. « Il est l’œuvre de quelques Herbeumontois qui aiment leur village et sont passionnés par son passé. » écrit le président de l’association Les Retrouvailles herbeumontoises. Cet ouvrage vient de mettre un point final à la publication du périodique Le Saglé, qui a régalé ses lecteurs durant vingt ans. Ce livre est riche et dense. Il compte de très nombreux articles pour un peu plus de trois cents pages. La première partie évoque les origines d’Herbeumont, son village, son château, les invasions, les épidémies, les guerres… La deuxième partie traite davantage du folklore, de la vie paroissiale et communale. Un autre chapitre très intéressant dresse l’inventaire du passé industriel d’Herbeumont. On y évoque largement la vitalité des ardoisières, l’activité forestière et même celle d’une manufacture de tabac.

La voie des pierres qui parlent

Inscrite comme un des itinéraires constitutifs des « Chemins de la Pierre », La voie des pierres qui parlent vous invite à découvrir un patrimoine riche et original. 

 

Une vue de l'itinéraire
 

C’est en 2005, dans le cadre d’un projet pilote, que les communes de Libin, Saint-Hubert, Bertrix et Herbeumont se sont associées à des partenaires privés afin de créer, sur le territoire de chacune des ces communes, les premiers circuits constitutifs des « Chemins de la Pierre ». C’est dans le cadre de l’initiative communautaire Leader+ qu’est mené ce projet de développement territorial et intégré sur le thème de la pierre. Ses acteurs comptent des partenaires publics et privés constitués en Groupement d’action locale (GAL). Ce nouveau « produit » de tourisme industriel constitue une vitrine permanente du matériau « pierre », sous toutes ses formes et dans tous ses usages, au travers d’un éventail d’activités « détente », « découverte », « art », « culture », « nature »…Des circuits modulables et accessibles à tous, didactiques et/ou ludiques figurent au programme. Ces chemins vous emmènent vers l’exceptionnel patrimoine architectural et monumental de la région, vous livrent les secrets des anciens métiers de l’ardoise, et vous présentent l’exploitation moderne de ce matériau de qualité qu’est le schiste. La pierre constitue, au travers des éléments architecturaux de nos régions ardennaises (châteaux, églises, fontaines, statues…), le témoin privilégié du passé comme du présent. De multiples contes et légendes sont liés au terroir et surtout aux roches et rochers particulièrement nombreux sur le territoire. Pour le goût d’apprendre ou simplement pour le plaisir des yeux, « Les chemins de la Pierre » vous invitent à prendre la route buissonnière. Vous pouvez notamment découvrir les ressources naturelles et les pierres légendaires de la Haute-Lesse au travers de six balades-découvertes ; parcourir sur la commune de Smuid une ancienne carrière de kaolin transformée en parc enchanté envahi de « nutons » qui vous serviront de guide ou bien emprunter La voie des pierres qui parlent tracée sur l’ancienne ligne de chemin de fer n°163 entre Herbeumont et Bertrix. Ce dernier tracé constitue un exemple éclairant de cette nouvelle démarche touristique.

En pleine nature
La voie des pierres qui parlent vous emmène à la découverte de la Vallée des Ardoisières tout le long d’un parcours de 6,9 km. Des pierres de schiste dressées vous racontent l’histoire de la construction de cette voie ferrée, des ardoisières qui jalonnaient la Vallée autrefois et vous informent sur la pierre extraite du sous-sol et le travail des hommes de la région. Que ce soit en pierre de schiste ou en ardoise, ce site témoigne d’un passé minier important. Cette balade, que l’on peut réaliser à pied, à vélo ou à cheval, part de l’ancien quai de chargement des ardoisières du Babinay, situé près du Pont de la Blanche, pour rejoindre l’ancienne gare d’Herbeumont. Elle est jalonnée d’ouvrages d’art extraordinaires (viaducs, ponts, tunnels) et traverse un environnement remarquablement préservé, avec une faune et une flore très particulières que des panneaux didactiques vous décrivent. Une balade aussi divertissante qu’instructive.
L’ensemble de ces chemins a été mis en valeur du 16 au 28 mai au sein de l’opération « La quinzaine de la Pierre » qui a proposé des actions aussi diverses que des visites guidées, des expositions, des balades, la publication d’un ouvrage sur les légendes de ­Bertrix ou encore la découverte d’anciennes demeures de ­Mortehan.

La pierre se décline sous de nombreuses formes et permet la rencontre toujours renouvelée d’un patrimoine riche et diversifié qui stimule l’imaginaire et la créativité. Ne boudons pas le plaisir de ces nombreuses possibilités touristiques.
   
P. Dabe

Mémoire de schiste et d’Ardenne

Une œuvre sculptée par l’artiste Louis Noël trône depuis plusieurs semaines au cœur de la cité ardoisière.  Un hommage à la nature.

 

Oeuvre sculptée par l’artiste Louis Noël
 

Dressée sur la pelouse qui embellit le centre du village, cette œuvre monumentale en schiste synthétise les attraits touristiques et historiques de la commune d’Herbeumont. Imaginé dans le cadre d’un concours où il n’a pas été retenu, ce projet a interpellé la commune qui a commandé l’œuvre à Louis Noël, sculpteur habitant Jemelle et reconnu dans notre province pour ses différents travaux (Le cerf de Saint-Hubert, trois sculptures à Marche-en-Famenne…). Le monument est orné à son pied d’un bas-relief représentant un sanglier, des arbres et divers éléments naturels. Une plaque de bronze rappelant les différentes étapes du travail des ardoisières est également disposée d’un côté de la sculpture. Ce monument établira un parallélisme avec les différentes activités et projets prévus dans le cadre du programme Leader + « Au fil de la Pierre » en vue de mener des actions de promotion, de développement et d’accompagnement des acteurs socioprofessionnels du secteur pierre. L’asbl Valbois – opérateur de référence pour la pierre et le bois – et les quatre communes de Bertrix, Herbeumont, Libin et Saint-Hubert se sont associées dans le cadre de cette opération. Le concept est de découvrir le territoire des quatre communes au moyen de circuits touristiques et thématiques, représentatifs de la filière pierre, à parcourir à pied, à cheval, à vélo et en voiture. Il s’agit plus précisément de présenter des circuits et des boucles valorisant, dans notre région le patrimoine et l’activité pierre au sens large, Cette route, composée de différents chemins, sera une véritable vitrine du potentiel pierre sur les quatre communes, des compétences passées et présentes et du savoir-faire des entreprises. Elle sera aussi synonyme de diversification et de tourisme culturel et industriel. Les objectifs principaux sont la structuration innovante du potentiel touristique des quatre communes concernées en créant un véritable produit touristique autour d’un thème fédérateur : la Pierre ; la création d’un itinéraire représentatif de la filière Pierre dans notre région tout en assurant une cohérence inter-communale et en préservant une certaine homogénéité ; le développement du tourisme culturel et industriel en portant l’attention du public sur la conservation des espaces, des cultures, du patrimoine et des traditions et la promotion intensive des circuits ainsi créés au travers des quatre communes.Nous reviendrons dans nos colonnes sur les réalisations futures de cette mise en valeur d’un patrimoine riche et passionnant.

Une femme à la tête de la commune

À Herbeumont, cela ne s’était jamais vu. Et pourtant… le 4 décembre dernier, Catherine Mathelin prêtait ­serment, devenant ainsi la première femme-bourgmestre de sa commune.

 

Une femme à la tête de la commune
C. Mathelin

 

Dès le lendemain, alors qu’elle s’installe dans son fauteuil de bourgmestre, une nouvelle vie tant professionnelle que familiale commence. Une gestion du temps s’impose. Entre les dossiers, le bureau et les enfants, il s’agit de s’organiser…
S’organiser, Catherine Mathelin connaît. Depuis plusieurs années, cette licenciée en sciences psychologiques et pédagogiques, travaille à la Haute École Blaise Pascal. Son job : gérer des projets. Presque un terrain de prédilection. À la maison, un mari et deux enfants : Clémentine, 16 ans et Baptiste, 12 ans. En extra depuis 2000 : la politique. Jongler avec le temps n’est donc pas un problème pour elle !

L’effet de surprise
Alors qu’elle fait sa campagne électorale, Catherine Mathelin est loin d’imaginer l’aboutissement de celle-ci. Bien sûr, elle a le feu sacré, mais à ce point… Lorsque le verdict tombe, la surprise est totale, l’effroi même. Une si grande responsabilité ! « Serai-je à la hauteur des attentes du citoyen ? Ensuite, quelle sera ma vie familiale ? Nous en avons beaucoup discuté à la maison. Pour moi, il était important que nous soyons tous d’accord sur le principe et qu’ensemble, nous trouvions une solution pour la gestion des activités de chacun. Ce n’est qu’à partir du moment où j’ai eu l’accord de chacun des membres de ma famille que j’ai pu me réjouir de l’évènement, preuve que jusque-là, j’avais bien rempli mon rôle. »
« Depuis lors, nous racontent ses proches, pas une minute de répit. » C’est que Mme Mathelin ne compte pas ses heures. Dès le 5 décembre, elle rencontre les responsables des différents services communaux, programme des rencontres avec l’ensemble du personnel. Ses objectifs ? Connaître les fonctions de chacun, leurs besoins et attentes, relever ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, définir la politique du collège.

Une femme tout terrain
Avec Catherine Mathelin, pas de grands discours, ni de paroles surfaites. L’essentiel pour elle : « être à l’écoute de tous et être au coeur de chaque dossier. » Ses projets ? Améliorer le quotidien de chacun, maintenir l’accueil extrascolaire qu’elle a elle-même instauré les années précédentes, être proche des personnes du 3e âge et stimuler la dynamique des maisons des jeunes. À ce sujet, elle a instauré des rencontres entre les 12-18 ans chaque 2e samedi du mois. À l’honneur : projets autour du patrimoine, ateliers artistiques et sportifs avec notamment des après-midi kayaks auxquels elle a personnellement participé, n’hésitant pas, d’ailleurs, à se mouiller. « Mes autres projets : faire de chaque village un village propre et sécurisé, essayer de répondre à toutes les demandes, être présente dans mon travail administratif bien sûr mais surtout privilégier la partie publique. » Ce qui est important pour le citoyen l’est également pour elle.
Toujours selon ses proches, Catherine Mathelin va jusqu’au bout des choses. « Quand elle tient un morceau, elle ne le lâche pas. »

Saint Nicolas : le rêve a duré jusqu’à 12 ans !

Saint Nicolas, saint patron des petits, mais également des grands ! En effet, un peu en avance, il posera ses sacs pleins de surprises ce samedi 3 décembre au home de Bonne Espérance, au cœur de nos forêts ardennaises, à Herbeumont.
L’occasion de se faire conter la Saint-Nicolas au temps de nos aïeuls.


« La venue de saint Nicolas est très importante pour nos pensionnaires », explique Véronique Nollevaux, directrice de la maison de repos. « Elle est prévue à l’heure du goûter, où tous les résidents sont rassemblés. Saint Nicolas distribuera des chocolats et autres friandises, ce qui enchante les pensionnaires. Mais surtout, ajoute-t-elle, c’est une opportunité fabuleuse de faire renaître des souvenirs et des sensations souvent magiques, vécues en tant que parents et enfants. Les résidents en profitent d’ailleurs très souvent pour relater et échanger entre eux ce qu’ils ont connu dans leur petite enfance. Ce jour-là, bon nombre de conversations débutent par : de mon temps…»

Les ruines et les abords du château

Suite à notre article paru le 29 septembre dernier au sujet de la restauration attendue des vestiges du château d’Herbeumont, il nous a semblé intéressant de faire un point complet sur l’histoire du château d’Herbeumont.
Dans le périodique herbeumontois, Le Saglé, Julien Gengoux retrace les grandes lignes historiques de ce site remarquable et accessible à tous les promeneurs.

Le site de 25 ha formé par les ruines et les abords du château d’Herbeumont a été classé par un arrêté royal du 24 octobre 1938,  en raison de sa valeur historique et archéologique.
étant donné le patrimoine exceptionnel que ces ruines représentent, elles ont fait l’objet  d’un arrêté de classement spécifique daté du 7 août 1989.

Le château d’Herbeumont a été construit au sommet d’une crête rocheuse qui domine les méandres de la Semois de quelque 111 mètres.
L’initiateur en a été Jehan, le fils cadet de la maison de Walcourt et fondateur de la maison d’Orgeo qui, dans la charte de 1268 affranchissant Herbeumont selon les modalités de la loi de Beaumont, a fait stipuler qu'il « se réserve la roche pour y construire sa maison ».
Quatre grandes familles se sont succédé à la tête de cette seigneurie créée en 1268 et issue de la terre d’Orgeo : les maisons  d’Orjo  (1268-1420), de La Marck-Rochefort (1420-1544), de Stolberg (1544-1574) et de Löwenstein (1574-1796).
Il semble bien que seule la famille d’Orjo ait établi son domicile au château d’Herbeumont. à partir des La Marck, la seigneurie d’Herbeumont est gérée par un administrateur nommé «châtelain» au xve siècle ou encore «prévôt» ; il faut ajouter un portier formant ainsi tout le personnel du château en temps de paix.
L’histoire n’a pas gardé le souvenir d’événements militaires précis concernant le château aux xiiie et xive siècles. A partir du xvie siècle, les textes sont plus explicites. Englobée dans l’ensemble des  Terres wallonnes des principautés impériales groupées dans le bassin du Main, la prévôté d’Herbeumont entre dans l’orbite politique de l’Empire et confère au château un rôle de « forteresse-frontière » ignoré jusqu’alors. Au xvie siècle, les garnisons étaient encore généralement recrutées parmi les habitants d’Herbeumont, d’Orgeo et d’Ochamps. à partir de la fin du xvie  siècle, les garnisons locales seront remplacées par des troupes mercenaires placées sous les ordres d’un capitaine.
Le château fut investi une première fois le 6 février 1588, par les troupes françaises placées sous les ordres du duc de Nevers. Le château ne fut cependant restitué à la famille de Stolberg qu’en 1559.
Un siècle plus tard, en 1657, peu après la prise de la ville de Montmédy par les troupes françaises placées sous le commandement du maréchal de La Ferté, le château fut investi, le 21 août, par le marquis d’Uxelle. Incendiée, la place-forte fut abandonnée et rasée et le prévôt Henry de Valansart alla s’installer au château de Cugnon.
La seigneurie d’Herbeumont n’en resta pas moins la propriété de la famille de Löwenstein jusqu’en 1796.

Quadrilatère irrégulier
La première des six phases de l’histoire architecturale du château est donc à situer peu après 1268, où le tracé général est créé :  quadrilatère irrégulier d’une soixantaine de mètres sur quarante, doté à l’est, d’une tour et, au nord, d’un solide donjon surveillant l’entrée ; le tout protégé naturellement par une pente raide au sud et à l’ouest, artificiellement au nord et à l’est par un fossé profond taillé dans le sol schisteux.
Défectueuse ou précaire, la courtine méridionale fut sensiblement épaissie  au xive siècle ou dans la première moitié du xve siècle  et percée d’une poterne en arc brisé
Mais l’apparition de l’artillerie au xve siècle nécessita de nouvelles garanties et on peut dire que, en ce début des Temps modernes,
la physionomie du château médiéval  dut être modifiée : renforcement des murailles jouxtant l’accès et nouvel épaississement de la courtine sud flanquée cette fois, à chaque extrémité, d’une solide tour circulaire ; création, sur tout le pourtour de la forteresse, d’une plate-forme de remblais maintenue vers l’extérieur par un mur à parapet et constituant de la sorte une seconde courtine doublant la première et prévue, tant pour protéger le pied des murs d’enceinte que comme plate-forme d’artillerie de défense. Un renforcement de l’angle nord-ouest du château termine les grandes transformations défensives du monument.
De part et d’autre de la cour oblongue apparaissent des substructions d’habitat (le long de la courtine ouest) et des communs (bordant la courtine est). Elles constituent la base de bâtiments érigés en général dans le courant des Temps modernes : salle avec cheminée pavée de schiste posé de chant et caves à demi souterraines ; citerne, fournil ou écuries ; c’est de ce côté que le puits fut creusé.
Face à l’entrée, on peut voir une pile du pont mobile de même que les substructures d’un ouvrage défensif qui en commandait l’accès.

Restauration du barrage

Attendu depuis plus d'une décennie, les travaux de restauration et d'amélioration du barrage du Moulin des Nawés ont récemment débuté avec la pose d'un voile de béton. Le coût des travaux est de 377 092 euros, heureusement subsidiés par la D.G.R.N Direction de l'eau.

Travaux de restauration du barrage
 
 

 

Le bourgmestre de la cité des « Saglés » Jean Guillaume et l'échevin des travaux Thierry Masson sont particulièrement heureux de voir aboutir les longues démarches qui permettront au site du Moulin des Nawés (qui appartient actuellement à Ourthe & Somme) de revivre. Il est déjà fait référence du moulin à farine des Nawés dans les archives, puisqu'en 1740 Hubert Deleau faisait tourner la roue du moulin féodal d'Herbeumont. Vers 1767 naît, à ce moulin, Henry Deleau, qui fera tourner pendant longtemps le moulin de Waillimont. Il  aura un fils, Jean-Joseph, qui épousera Anne-Marie Deleau. De leur union naît Jean-Hubert qui s'expatrie à Sedan tandis que de son mariage avec une Française, élisa Noteaux, naît Georges Deleau artiste et homme attachant qui signait ses oeuvres G. Delaw et se baptisa lui-même « Imagier de la Reine » (voir à ce sujet l'article de Jean-Marie Lamotte dans la revue Le Saglé du deuxième trimestre de cette année. L'ancien moulin, qui appartient à Ourthe & Somme, a été transformé en gîte pouvant loger près de vingt-cinq personnes).
Herbeumont vit depuis longtemps du tourisme, rien de plus normal que les responsables politiques y aient été attentifs. C'est ainsi qu'après quinze années d'attente, les travaux de restauration (au bout de la rue de la Garenne, en bordure de Semois) ont récemment débuté. Thierry Masson se souvient qu'il venait se baigner à cet endroit voici cinquante ans.

Nouvelle restauration attendue

Ceux qui poussent leur promenade jusqu’au château de Herbeumont ont remarqué que depuis quelques mois certaines parties de l’édifice ne sont plus accessibles au public. En effet, les vieux murs en attente de restauration se sont fragilisés et de nombreuses pierres se sont déjà détachées.

C’est seulement en 1973 que l’on commença à dégager le site du château d’Herbeumont. Il a fallu d’abord déboiser car les forêts l’avaient envahi. Et c’est vers 1976, à la suite de quatre campagnes de fouilles menées par le Service national que l’on peut apprécier ses vestiges comme on les voit encore aujourd’hui. C’est seulement après un travail énorme de restauration que l’on rendit le site accessible au public.
Trente ans après, Herbeumont n’envisagerait pas de vivre sans son château. Est-il à ce point vital à la vie économique de la cité ? à cette question, Julien Gengoux, échevin et amoureux du château – presque concierge –  répond un oui ferme et sans hésitation. « Il y a tout le temps quelqu’un, s’exclame-t-il, et particulièrement en été. Le château et son point de vue sont une véritable attraction. » Et l’entrée est gratuite, faut-il le rappeler ?
Depuis 1935, c’est la commune qui est propriétaire du château. C’est elle qui gère le site, qui en a la surveillance et l’entretien.

"Le Poulain", tournage au coeur de l'Ardenne

Un film tourné dans notre région avec des acteurs belges et français magnifiques et des chevaux de trait ardennais.  Cocktail détonant et émouvant.

Une vedette du film
 

Ciel plombé sur Herbeumont en ce mois d’août pourri.  Odeur de sous-bois, sentiers forestiers ruisselant d’eaux boueuses propices aux ornières profondes.  Camions de matériels techniques enlisés jusqu’aux essieux, travelling de fortune construit au milieu d’une trouée de feuillus. Le décor est planté et impose le respect.  Les conditions météorologiques obligent l’équipe à s’adapter.  On chamboule le plan de tournage, on convoque en urgence plusieurs figurants.  Le film a pris trois jours de retard.  Début septembre, il faudra retourner certaines scènes en comité plus restreint.  L’atmosphère du plateau est à la concentration.  Le Poulain, premier long métrage d’Olivier Ringer attaque bientôt son troisième mois de tournage et s’annonce comme un film d’aventures axé sur les rapports entre l’homme et le cheval et  principalement destiné aux enfants et aux familles.  On pense à Heureux qui comme Ulysse de Henri Colpi ou   Crin Blanc d’Albert Lamorisse.
Le synopsis est le suivant. Dans la forêt, Mirabelle, la jument, est fière à plus d'un titre : elle est la maman de Pom et elle est le meilleur cheval de l'attelage qui aide les bûcherons sur les chantiers. Rendue injustement responsable d'un accident qui a blessé le fils du patron, elle est revendue et séparée de son poulain. Julien, le vieux palefrenier, voudrait bien aider le jeune cheval, mais Pom se laisse aller au désespoir. En bonne mère, Mirabelle fera tout pour retrouver son fils…


Par amour du cheval
Tournage du film
 

Pour assurer l’encadrement technique et l’accompagnement des chevaux durant le tournage, l’équipe de production a fait appel à François Barchon de Louftémont, exploitant forestier et éleveur de chevaux de trait ardennais. Dans le cadre de sa profession, François Barchon a toujours travaillé avec des chevaux.  Il en aime la compagnie, la souplesse et la qualité du travail rendu.  Fort de quatorze chevaux et de quatre mules ardennaises, son élevage offre un large panel de choix adapté à un long tournage.  Au moment où vous lirez cet article, les deux vedettes équines (Pom, le poulain et Mirabelle, la jument) auront été fidèles au poste depuis près de soixante jours de tournage. Des journées bien remplies qui débutent souvent tôt le matin pour s’achever à la tombée du jour.  Les conditions climatiques, la rudesse des lieux et le thème du film ont créé un véritable esprit d’équipe où malgré quelques engueulades mémorables (certains comédiens étant plus butés que les chevaux), le moral est au beau fixe. Ce tournage est une occasion unique pour François Barchon de mettre en valeur la qualité et  l’expérience de ses chevaux.  Sa fille Valérie a pour l’occasion conduit deux juments en France chez un dresseur spécialisé qui lui a appris l’abc du dressage pour le cinéma.  Il faut dire que certaines scènes sont périlleuses.  Notamment la simulation d’une cascade aboutissant à un accident de travail, ou bien des scènes se déroulant dans l’eau ou sur de fortes pentes glissantes.  La placidité apparente de ces bêtes énormes nécessite une attention de tous les instants.  Francis Barchon avait déjà tâté de la pellicule lors du tournage d’un clip promotionnel de la Région wallonne, largement diffusé sur les ondes. On apercevait un magnifique cheval de trait ardennais chevauchant, crinière au vent, les hauts lieux touristiques ardennais. François a pris goût à cette atmosphère et il déambule en toute liberté sur les lieux de tournage en bichonnant ses chevaux.  Afin de  mettre en valeur la qualité du cheval de trait ardennais, François Barchon est l’initiateur de la Fête de la terre qui se déroulera ce dimanche 4 septembre à Behême.  Après les 1500 entrées de la 1re édition en 2003, il espère bien franchir la barre des 3000 spectateurs cette année.  Il faut dire que le spectacle est inoubliable et grandiose. Mais nous en reparlerons plus abondamment la semaine prochaine.

Borhinger...
Un nom qui claque.  Une gueule de ciné taillée à la serpe.  Une voix rauque de trop de nuits blanches et deux yeux bleus qui vous fixent. C’est beau un acteur debout. Courte interview entre deux plans.  
Richard Borhinger
 

L’info : Comment trouvez-vous la région ?
R.Borhinger. : Je l’aime pour ses espaces.  Ses étendues de vert.  Je suis heureux d’être ici deux mois. Vous vivez dans la terre.  Et les bûcherons, les figurants qui participent au film ressemblent à leur pays.  De «vraies gens» aux fortes racines qui vous parlent sans détour.  Je loge à Bouillon, c’est un cloaque à touristes mais quand on quitte la ville on rencontre la beauté.  Et puis la Belgique est un pays que j’aime.  J’y ai joué au théâtre, j’y ai fait des concerts.  C’est un pays frontière.  Une ultime limite mystérieuse avant autre chose.  Une position étrange en Europe occidentale.

L’info : Comment se déroule un tournage avec des animaux ?
R.B. : C’est à cause d’eux que j’ai accepté le film. J’aime ce contact.  Je suis un charnel, moi.  Je travaille dans le charnel.  J’en ai un peu assez de faire l’acteur.  Il me fallait une motivation suffisante.  J’en ai assez de ne pas avoir le contrôle, de perdre la maîtrise, d’être obligé de dépendre de la lumière, du montage… J’ai réalisé des longs métrages pour la télé (Poil de carotte et Les coquelicots sont revenus) et je prépare l’adaptation cinématographique de mon roman  C’est beau une ville la nuit. Bon faut que j’y aille…  Il a bon dos Bohringer !

Et il s’en va en poussant une gueulante. Pour changer…

 

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